Ce
soir, la cérémonie officielle d’ouverture
de Pécs 2010 a eu lieu devant plus de 10.000
personnes et fut diffusée en direct sur
la chaîne de télé hongroise
M1. Elle a donné le départ d'une
année de manifestations culturelles placées
sous le signe de l’Europe centrale et de
l'ouverture sur les Balkans. Avec un peu plus de
150000 habitants, Pécs est la cinquième
ville de Hongrie, mais la première du pays à être
capitale européenne de la culture.
"Vive
Pécs ! Vive la Hongrie ! Vive l'Europe !" C’est
par ces mots que le maire Fidesz de Pécs Zsolt
Pava, a conclu son discours d’ouverture de
la cérémonie, intronisant Pécs
comme capitale européenne de la culture, aux
côtés de Essen en Allemagne et d’Istanbul
en Turquie. Une formule reprise quelques instants
plus tard par le premier ministre Gordon Bajnai,
sifflé au passage par une partie de l’assistance.
Un peu plus tard, c’est le ministre de la culture
Istvan Hiller qui a prit la parole. Invité par
son homologue hongrois, le ministre serbe de la culture,
Nebojsa Bradic, a aussi assisté à la
cérémonie.
Le
show : du passé au présent

Plus
de 10.000 personnes s’étaient réunies à 18h
sur Széchenyi tér, la place centrale
de Pécs, pour assister à la cérémonie.
Un carnaval historique retraçant l’histoire
deux fois millénaire de la ville, depuis sa
création par les Romains jusqu’à nos
jours. Des marionnettes hautes de trois à quatre
mètres représentaient les personnalités
emblématiques de la ville, comme le poète
humaniste de la Renaissance Janus Pannonius, ou le
peintre Vásárhelyi Győző (mieux
connu sous le nom de Victor Vasarely). Le musicien
Róbert
Erdész, claviériste du groupe de renommée
internationale Solaris s’est chargé de
créer une atmosphère synthétique
entre les diverses performances, accompagné par
un show de laser.
écs a choisit de placer les festivités
sous le thème de la diversité culturelle.
C’est ainsi que les minorités, très
présentes à Pécs et dans sa région
-Souabes (Allemands), Roms, Croates- ont fait la démonstration
de danses traditionnelles. La cérémonie
s’est clôturée sur un morceau composé par
l’artiste local Ferenc Demjén, repris
en choeur par toutes les personnalités de la
ville, artistes, équipe féminine de basket,
etc... Un final un peu grotesque étant donné que
l’un des artistes les plus populaires invités
pour la cérémonie -Lovasi András,
le chanteur du très fameux groupe de Pécs
Kispál és a Borz- a refusé d’y
participer après avoir appris que la prestation
serait faite en playback.
Tout est (peut-être)
bien qui finit bien

Il
n’empêche, après avoir multiplié les
déboires au cours des préparatifs ces
derniers mois, et bien que les infrastructures nécessaires
ne seront pas toutes mises en place en temps et en
heure, la ville de Pécs et l’organisation
ont considérablement "redressé la
barre" et sont maintenant en mesure de proposer
un programme culturel digne d’une capitale européenne
de la culture. Avec des subventions avoisinant 140
millions d'euros, issues à 85% de l'Union européenne,
la municipalité a mis sur pieds un programme
culturel riche de 350 évènements, auxquels
s’ajouteront, en marge, 200 manifestations.
Les organisateurs entendent bien faire valoir les atouts
de Pécs : un carrefour historique des cultures
et un pont entre l’Europe centrale et les Balkans.
C’est cet été que culminera la
programmation, avec notamment le départ d'une
caravane de musique Pécs-Istanbul-Essen, un
concert du compositeur serbo-croate Goran Bregovic,
puis un festival de musique balkanique.